dimanche 31 mars 2013

Le modèle de la Ferme

J'ai relevé sur le compte Twitter de Carol J Adams, auteure de La Politique Sexuelle de la Viande quelques publicités de "créateurs" maquignons, de quoi illustrer le modèle de la Ferme décrit par Andrea Dworkin dans Les femmes de droite. Attention, c'est subtil, genre gros sabots pleins de paille.

Une très classieuse affiche de pub d'une clinique de Bucarest pour vous faire perdre du poids et sculpter votre corps : sexisme et spécisme main dans la main ! Men come from apes, women from cows ! Les hommes (qui n'ont jamais aimé les singes par ailleurs) se tiennent sur leurs pattes de derrière, comme les singes donc, tandis que les femmes sont figurées en quadrupèdes. Sous-texte, faut-il le préciser : si vous ne voulez pas ressembler à une grosse vache, vous savez ce qu'il vous reste à faire. Difficile de faire pire dans le sexisme et l'animalisation des femmes. J'ai trouvé ces images sur le blog Human-Animal Studies Images





Pub copiée de cette célèbre image que vous avez reconnue du singe primitif évoluant dans la savane et qui va donner ce superbe spécimen, l'homme -mâle, ça va sans dire ; les femmes, elles, descendent des vaches, c'est moins glorieux ! Sexisme, spécisme qui hiérarchise les animaux, même ornière.


Les blogs féministes dénoncent sans relâche les concours de beauté, à raison, vu qu'ils sont furieusement connotés "foire à la jument à Flers de l'Orne" ou "Comice agricole de Bruz, Ille et Vilaine", comme vous pouvez en juger par ces deux illustrations trouvées sur le site anglophone Sociological images : Guide à destination des juges des concours de beauté ; traduction : épaules tombantes, bustes insuffisamment développés, genoux bovins ou hanches trop larges..., recalées impitoyablement !


Ces règles sont directement inspirées des concours de beauté de bovins ! Ici un guide pour juger du taurillon idéal


Pas de doute, on est dans les standards du Salon International de l'Agriculture !

En ces jours pénibles (surtout pour les omnivores) de scandale de viande de cheval dans les lasagnes, on ne pouvait pas rater ce magnifique visuel pour la Mini


Beef (viande de bœuf normalement) devient en anglais informel virilité, force ; virilité -bœuf- avec plein de chevaux cachés dedans ! On se tue à vous le dire : le boeuf, c'est de la virilité en barre, les végéta*iens sont des femmelettes ! Les vrais mecs se trimbalent en grosses caisses polluantes qui font vroom vroom ! Bœuf égale puissance. La marque n'a pas hésité une seconde à se gausser des soucis de lasagnes des
omnis !

Toujours en matière d'exploits publicitaires, la boulette de Ford India (retirée devant les protestations des féministes indiennes) : après des viols dont la société indienne commence à peine à parler, et en pleine discussion de leur Parlement sur un durcissement des peines pour agression sexuelle, voici un des visuels publicitaires que proposait Ford pour vendre ses bagnoles à super grand coffre aux indiens : Berlusconi au volant de sa Ford avec des femmes attachées dedans ! Les pubeux ne doivent pas vivre le même monde que nous. Ou alors leur cynisme surpasse leur créativité.


Si vous voulez voir les détails, toutes ces images peuvent être agrandies en cliquant dessus. 

lundi 25 mars 2013

Les masques torturés de l'héroïsme phallique




"En qualité de féministes, nous habitons le monde d'une façon nouvelle. Nous voyons le monde autrement. Nous menaçons de le chambouler de haut en bas, de le retourner de l'intérieur vers l'extérieur. Nous avons le projet de le changer si totalement qu'un jour prochain les textes des écrivains masculinistes seront des curiosités anthropologiques. De quoi parlait Mailer*, demanderont nos descendants en tombant sur son travail en quelque obscure archive. Et ils s'étonneront, émerveillés, tristes, devant la masculine glorification de la guerre ; les mystifications masculines des tueries, des blessures, de la violence et de la souffrance ; les masques torturés de l'héroïsme phallique ; la vaine arrogance de la suprémacie phallique ; les interprétations appauvries des mères et des filles, et aussi de la vie elle-même. Ils demanderont, est-ce que ces gens croyaient réellement en ces dieux ?"
Andrea Dworkin (1946 - 2005)

*Norman Mailer, marié 6 fois, 9 enfants, "immense" écrivain américain était aussi un mâle suprémaciste : des citations de Mailer sur les femmes parsèment les écrits d'Andrea Dworkin et Kate Millet lui consacre un chapitre entier dans "La politique du Mâle". Personnellement j'ai lu « Un rêve américain » (un type défenestre sa femme parce qu'il n'arrive pas à la dominer et tente de maquiller le meurtre en suicide -le policier qui mène l'enquête bat sa femme- roman écrit après que Mailer, un soir de beuverie -toujours la bonne excuse- ait tenté de tuer sa seconde femme  avec un canif), et « Le chant du bourreau », un récit fleuve impressionnant sur l'histoire vraie de Gary Gilmore, meurtrier condamné à la peine de mort en 1976, exécuté en 1977, qui refuse tout recours et insiste pour être exécuté. Mailer a répondu au mouvement de libération des femmes par un livre pamphlet "The prisoner of sex", où il exprime son opinion défavorable au mouvement des femmes et attaque violemment Kate Millet et d'autres féministes.  
Lien : Un misogyne est mort, il s'appelait Norman Mailer.

dimanche 17 mars 2013

Les femmes de droite - Andrea Dworkin

Les femmes de droite d'Andrea Dworkin a été publié pour la première fois en 1978 aux USA dans le contexte d'une des batailles pour l'Equal Rights Amendment (ERA) qui rencontra une opposition forte des femmes conservatrices, notamment de l'activiste conservatrice Phyllis Schlafly. Le texte de Dworkin, je vous rassure, n'est pas un comte-rendu de la bataille pour l'ERA, mais une analyse au rayons X du fonctionnement de la société hétéro-patriarcale et de sa réduction des femmes à la baise (fucking) et à la reproduction. Vous noterez qu'il faut à peu près 40 ans pour qu'un livre d'Andrea Dworkin soit traduit en français et encore, heureusement que nous avons les québécois-es pour faire le travail !

J'ai lu le livre dans cette édition :
car l'éditeur québécois m'avait juste envoyé le communiqué de presse lors de sa sortie au Québec, mais pas l'ouvrage traduit en français -qui n'était pas paru ; je me suis commandé le livre en version anglaise, ce qui n'est pas plus mal car, après tout, c'est la langue d'Andrea Dworkin.

Andrea Dworkin est une féministe radicale, son propos n'est pas l'égalité des salaires avec les hommes (payés de 20 à 50 % de plus à qualification égale et diplômes généralement inférieurs à ceux des femmes, faut-il le rappeler ?), ni la parité en politique, ni le partage des tâches ménagères, tous combats parfaitement légitimes ; elle ne demande pas non plus que les hommes rejoignent le combat féministe, car "nous ne pourrions rien sans eux" ! Bref, elle n'est pas une réformiste cherchant un illusoire aménagement du patriarcat : elle le dissèque au scalpel et ça remue vraiment.

Alors pourquoi les femmes de droite, selon l'analyse de Dworkin, sont-elles pour le status quo ante ? Parce qu'elles ont l'intelligence des femmes sur la situation qui leur est réservée dans une société dominée par les hommes : elles se marient et elles subissent la violence maritale, elles sont battues, maintenues dans la dépendance familiale et économique à la disposition des hommes, valorisées uniquement par la reproduction et la baise (fucking, le terme de Dworkin), elles avortent dans la clandestinité avec les risques que cela comporte pour leur santé et leur vie ; elles savent aussi l'illusoire liberté des mœurs des années 60, pseudo années de libération sexuelle où le corps des femmes n'était plus refusable aux hommes sous peine d'être traitée de "prude", ou de "coincée", insulte suprême dans une société prétendue sexuellement libérée ; elles savent la contrainte à la sexualité, aux échanges entre multiples partenaires et aux maternités désirées ou non qui s'ensuivent de ces années-là, le fardeau de devoir avorter dans l'opprobre et le danger ; elles savent l'illusion du travail des femmes hors de la maison : reléguées et exploitées dans les tâches dont les hommes ne veulent pas, cyniquement ségréguées dans des emplois-ghettos spéciaux femmes sous des apparences d'égalité (separate-but-equal model), sous-payées, exploitées à l'extérieur comme à l'intérieur dans un "modèle égal mais séparé" ; elles savent la condition indigne réservée aux vieilles femmes qui ne sont plus utiles à la reproduction et à la baise : droguées, (les femmes sont, dans l'hémisphère nord comme aux États-Unis, les principales consommatrices de tranquillisants et de neuroleptiques, en proportions jamais égalées chez les hommes !), elles savent la situation d'abandon des femmes (devenues inutiles) pauvres reléguées, parquées dans des maisons de retraite misérables sous le régime Medicaid (Sécurité sociale minimum pour les pauvres sans assurance privée aux USA, dont les femmes sont les principales récipiendaires), les femmes de droite savent que "sans la reproduction les femmes, en tant que classe sociale, n'ont rien".

Et pour elles tout changement, accès à la pilule, droit à l'avortement, émancipation de la sphère familiale par le travail..., sont des menaces. Le droit à la contraception et à l'avortement est un appel d'air à l'accès sans restriction des hommes au corps des femmes contraintes à la baise sans frein et à la chute du dernier rempart qui les protège (plutôt mal, mais elles pensent que conserver vaut mieux que se risquer à moins de contraintes pour les hommes) ; la sphère familiale et son moralisme bourgeois (fait d'innombrables coups de canifs, elles ne sont pas dupes) est encore le meilleur rempart des femmes contre l'hyper exploitation / prédation masculine.Elles se croient relativement à l'abri au sein de leurs foyers, donc elles tiennent à leur abri. Les hommes de gauche pro-ERA sont accusés de la même manière, car ils profitent aussi de la "libération sexuelle" et dans un système de castes, la caste dominante est toujours favorisée quelle que soit sa couleur politique.

Hors-contexte du vote sur l'ERA, ce texte est une formidable analyse des rapports de domination entre sexes : domination incontestée et incontestable des hommes, et asservissement des femmes dans deux modèles exclusifs proposés : le modèle du Bordel et le modèle de la Ferme.

Le modèle du Bordel : le corps des femmes est livré en morceau (à la découpe) à la pornographie et à la prostitution, puisque les hommes auraient des "besoins" particuliers à assouvir sans passer par les sentiments humains ni la séduction, besoins réputés "irrépressibles", il leur faut donc un stock renouvelable de chair fraîche de femmes à consommer.

Le modèle de la Ferme : le corps des femmes est destiné à la reproduction. Fournir autant de garçons qu'il en faut pour la guerre, la main-d’œuvre de production dans les usines et l'agriculture, et bien sûr, quelques filles pour assurer la reproduction du modèle exclusif de la société patriarcale. D'ailleurs se profile déjà à l'horizon de ces années 70, la location-vente des ventres des femmes pour la GPA (gestation pour autrui), ce qui est tout de même le modèle ultime de la ferme (et de l'élevage hors-sol).

On le voit, même aujourd'hui, ces deux modèles perdurent, malgré les "progrès" relatifs arrachés par le féminisme réformiste. La contrainte au mariage et à la reproduction sont toujours d'actualité : essayez juste de vous revendiquer childfree en société, juste pour entendre "le mépris et le dédain", les objections et les anathèmes les plus éculés provenant des deux sexes ! La marchandisation des corps des femmes est en marche : dans l'industrie de la pornographie comme dans celle à venir de la reproduction dominée par "un troisième acteur, scientifique ou  médecin" : il sera très tentant pour les riches couples stériles, pour toutes sortes de raisons, de louer l'utérus des femmes pauvres qui seront contentes de gagner un peu d'argent (surtout leurs maris : plus elles sont pauvres et plus leur destin est contrôlé par les hommes !) en portant les enfants des autres. Les thèses de Dworkin sont bel et bien d'actualité en ce début de 21ème siècle.

Quelques citations (selon ma traduction) :

"L'exploitation est un crime-clé contre les femmes, mais ce n'est pas la même exploitation économique que celle expérimentée par les hommes".

"Les hommes violent, les femmes sont violées ; même dans ces rares cas statistiques où des garçons et des hommes sont violés, les violeurs sont des hommes". 

"Le féminisme est la reconnaissance que chaque être humain vit une vie séparée dans un corps séparé, et meurt seul"[...]. C'est la plus simple idée révolutionnaire jamais conçue, et la plus méprisée".  

"Le féminisme est la position radicale contre tous les doubles standards en droits et responsabilités, le féminisme est le soutien révolutionnaire sans faille à un seul standard de liberté humaine".

J'espère que ce résumé vous donnera envie de le lire ! "Les femmes de droite" est officiellement lancé en France Mercredi 20 mars 2013 à la Librairie Violette and Co à Paris 11ème. Et votre libraire en régions ne peut pas vous en refuser la commande chez l'éditeur. La traduction est de Michèle Briand et de Martin Dufresne, relecture de Rachel Bédard et de Christine Delphy, préface de Christine Delphy.

Liens : Le billet d'Anti-sexism sur Les femmes de droite 
Son forum féministe où vous trouverez de nombreuses citations.

Tous les textes d'Andrea Dworkin sont en accès libre et gratuit sur Internet en suivant le lien :
Feminist archive, The complete works of Andrea Dworkin. Evidemment, c'est en anglais.

lundi 11 mars 2013

Marche et Happening du 8 mars

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#8mars - Retour sur quelques évènements : une marche de nuit non mixte à Lyon, assez héroïque, compte-rendu à lire sur le lien "Libres, majeures et vaccinées, pas besoin d'être escortées".

Liens : sur l'historique des Marches de Nuit non mixtes :
Marcher la nuit pour ne plus nous faire marcher dessus le jour !

Marche de nuit à Rennes le 8 octobre 2012

Reprenons la nuit, reprenons la rue !

A Montréal, pochoirs de portraits de féministes et femmes illustres sur les murs du métro. Wall of femmes (parodie du Wall / Hall of fame, mur de la gloire) :



"La culture graffiti est née dans les stéréoptypes masculins misogynes où les femmes sont dévalorisées, présentées comme soumises, et surtout incapables de percer dans ce milieu" !

Liens inspirants : Wall of femmes. 
Getting noticed (Se faire remarquer) :

"Les stencils représentent la critique des rues couvertes de publicités exploitant l'image des femmes. Une réponse populaire avec des images de femmes, de leurs actions leurs mots et leur vies remplies, qui défient les leviers patriarcaux de contrôle de la société. Le graffiti est aussi une opportunité d'éducation,... de s'affirmer visuellement".

Well behaved women seldom make history ! Les femmes polies font rarement l'histoire !


A vos stencils et pochoirs ! Investissez le street art et la rue !

vendredi 8 mars 2013

#8mars - Journée éprouvante




D'abord la journée a mal commencé dès le petit déjeuner avec la radio qui braille hystériquement que c'est la journée de LA FAME, selon une terminologie inappropriée qui sert à ridiculiser l'évènement, puisque c'est leur programme politique de falsifier les notions féministes militantes* !

Puis vous arrivez au boulot, et Jean-Claude Muchon, directeur de la Production, vous a piqué VOTRE place de parking et a garé sa caisse immonde dessus ! Non mais il va voir de quel bois vous vous chauffez !


Note mentale : commencer par lui rappeler de muscler un peu plus ses réunions, parce que la semaine dernière vous avez failli perdre conscience au milieu d'une, tellement c'était chiantissime. Penser à lui dire que vous avez autre chose à faire que de regarder ses présentations Powerpoint pendant des plombes.
Et puis le premier qui vous demande de lui faire un café même si vous êtes juste A COTE DE LA MACHINE, va tâter de votre saine colère


Pire même

Voire encore**


Pareil pour la photocopieuse (Maryse, je pourrais avoir trois
photocopies ?) : leur signaler que le manuel d'utilisation (MU pour les intimes) est dans le deuxième tiroir de droite et que le guide en français commence à la page 54, précédé par le Japonais, le Coréen, l'Urdu, l'Allemand et l'Espagnol. Soulignant ainsi qu'ils sont lamentablement monoglotes, alors que vous parlez anglais et espagnol comme une déesse. Bien que vous subodoriez être payée moins cher qu'eux ! Creuser impérativement ce sujet avant la fin de la journée aussi, il faut en avoir le cœur net : aller voir le comptable.

Vous commencez par mettre de l'ordre sur votre bureau et vous remplacez la sempiternelle photo de famille par celle d'Octave, votre chien qui fait des facéties le dimanche à table

en rappel subliminal de celle que votre patron a mise sur son bureau, posant en pied avec son cheval pur sang qui lui coûte une fortune en roundballers et en avoine.

A midi, au restaurant d'entreprise, vous allez soudoyer la caissière pour qu'elle vous donne l'adresse mail du CheF de cuisine : vous n'en pouvez plus qu'il vous demande de choisir entre les paupiettes de veau et le poisson pané tous les midis, alors qu'il SAIT que vous êtes végétarienne. Votre mail de vengeance est fin prêt















Ça peut lui sauver la vie en lui rappelant oportunément qu'une fois sorti de sa cuisine, la marche à pied est un antidote, à défaut d'arrêter les paupiettes.


Oui, qui tient le monde en état de marche d'abord ? Sûrement pas le nihilisme masculin qui maltraite la Terre, est en guerre contre lui-même et les autres espèces, confond son intérêt de caste avec l'intérêt général, s'attribue des rémunérations indécentes pour prix de son incompétence noire, détourne et parasite socialement des ressources considérables en attribuant par exemple des sommes folles à des jeux stupides où on voit des milliardaires poussifs courir derrière des ballons, achetés à prix d'or pour vendre des T-shirts à des prolétaires, -en essayant d'ailleurs d'y attirer les femmes, peu intéressées, avec un prix d'appel et des pubs sexistes à goût de chiottes comme celle commise par le Stade Rennais pour fêter le 8 mars !



Demain, déjà, les obligations de la fête passée, ils regarderont ailleurs : surtout ne pas voir l'apartheid professionnel des sexes, les injustices économiques, telles le travail "bénévole" des femmes dans la sphère familiale non compté dans les PIB, les écarts non justifiés et scandaleux de rémunération, les femmes maintenues sciemment dans la pauvreté partout. Le combat continue.


*Pour les nuls et les malintentionnés, La Journée Internationale des Droits des Femmes est due à l'intiative d'une féministe révolutionnaire, Clara Zetkin ; ce n'est pas la fête des mères, ni la Saint-Valentin, pas plus la fête des fleuristes ni celle des chocolatiers, n'en déplaise aux boutiquiers ! C'est une journée militante qui réaffirme le combat des femmes pour leurs droits.

**Photo de Femen tronçonnant un crucifix, trouvée sur le blog Angrywomenymous
Quelques-unes des images de ce billet proviennent du blog Becoming Texan.

mercredi 6 mars 2013

Les FEMEN chez Charlie-Hebdo

Je sais qu'elles sont controversées, qu'elles ne font pas l'unanimité chez les féministes. Nous les percevons aussi à travers le prisme de la presse patriarcale main stream : Libération, Le Monde..., lorsqu'ils rapportent leurs happenings. Charlie  Hebdo leur ouvre ses colonnes sans arrière-pensées : entre blasphémateurs, on se comprend.


Car oui, blasphémer, dans une époque où règne le consensus mou, où le relativisme culturel sert de pensée unique, où "féministe islamique" ne fait pas oxymore, où on nous emmerde (il n'y a pas d'autre mot) avec la démission de Ratzinger et le conclave qui s'ensuit, les blasphémateurs et, mieux, les blasphématrices, c'est frais, ça fait du bien.

Les FEMEN combattent le Patriarcat, les dictatures qui sont toujours d'essence patriacale, les religions et leurs représentants mâles sur terre ; elles combattent tout asservissement des femmes : la prostitution et ses réseaux organisés, elles militent pour la pénalisation du client. Et, oui, ce numéro de Charlie est bien intéressant : on y trouve en exclusivité le manifeste des FEMEN jamais traduit en français, une interview d'Inna Shevchenko, co-fondatrice du mouvement, le pourquoi de leur couronne de fleurs, et une double page sur leur combat anti-dictatures (elles viennent d'une dictature corrompue) et séculariste.

Le sommaire de Charlie de cette semaine est sur ce lien. Vous saurez tout sur les FEMEN. C'est du Charlie, mais moi, j'aime bien Charlie.

Lien supplémentaire : une vidéo sur le blog de Taslima Nasreen, les FEMEN ont des petites sœurs iraniennes ; on les voit manifester en Suède.

samedi 2 mars 2013

Brocéliande

En Bretagne, nous avons la forêt de Paimpont, de nos jours associée à la mythique forêt de Brocéliande, théâtre de la matière de Bretagne (textes des légendes celtiques), du cycle arthurien, anciennes légendes transmises par oral, puis écrites et historicisées au Moyen-Age par Chrétien de Troyes, entre autres auteurs. Elle est censée abriter les personnages des légendes arthuriennes : le Roi Arthur, Merlin l'Enchanteur, les Fées Morgane et Viviane, et Lancelot du Lac. Voir mon billet ci-dessous sur l'héritière de la Déesse et les mythes celtes. Les légendes celtes sont l'héritage d'un peuple appelé en vieux gaélique Tuatha Dé Danaan, qui signifie littéralement "Peuple de la Déesse", sans doute un semi-patriarcat qui, après s'être installé en Irlande, conquiert les Bretagnes : Grande Bretagne et Brittany, la Bretagne actuelle.



C'est pourtant là que le SMICTOM Centre-Ouest 35 a décidé d'implanter un site d'enfouissement de déchets sur environ 13 ha. L'espèce humaine produit de plus en plus de déchets ménagers, il faut donc construire des incinérateurs et les brûler ce qui produit de la dioxine ; les décharges à ciel ouvert sont des sources de pollution visuelle, pollution de l'air et des sols, et elles sont normalement en voie de disparition en France. Il reste la solution de l'enfouissement. C'est un projet de ce type qui provoque une levée de boucliers chez les habitants des communes de Gaël, Concoret et voisines. Outre les objections écologiques et les importants enjeux démocratiques, enfouir une décharge dans la forêt des légendes arthuriennes choque l'esprit, il faut vraiment être un politicien sans états d'âme pour proposer ce type de solution.


Aussi, à l'appel de l'association Sauvegarde de Brocéliande, d'EELV Bretagne, et d'autres associations, une manifestation est prévue samedi 2 mars à Concoret (56). Nous ne voulons pas d'une décharge dans cet endroit mythique, aussi, il faut mobiliser le maximum de gens pour contrer ce projet.



Une pétition actuellement sur Internet recueille des milliers de signatures. C'est en suivant ce lien Avaaz. Nous espérons 30 000 signatures et plus.
Il est peut-être opportun de rappeler aussi que réduire ses emballages et ses déchets à la source est une bonne manière d'éviter ces conflits liés à leurs modes de destruction : le meilleur déchet est celui qu'on ne produit pas.


Sinon, pour les francilien-nes et les parisien-nes, et tou-tes celleux qui se sentent concerné-es par les paysages et les modes de production en élevage, on peut aussi aller manifester dimanche 3 mars à 13 H 30, de la Gare Montparnasse au Salon de l'agriculture de la Porte de Versailles, à l'appel de Novissen, L214 et quelques autres, contre la ferme hors-sol de 1000 vaches qui menace la Baie de Somme, et plus largement contre l'enfer qu'est l'élevage industriel.

Actualisation soirée :
Lien vers le sujet consacré à la manifestation de Concoret sur France3 Bretagne 19 - 20 du 2/3/13

Trois photos : le ciel était bâché et sombre. Le jeu de mots de la dernière photo détourne le nom de Brocéliande qui signifie "La Porte des Secrets". Nous étions un millier de manifestants.